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Guide · Indépendance & rémunération

CGP indépendant

Le mot « indépendant » recouvre deux réalités très différentes. Indépendance capitalistique ou au sens de MIF 2, honoraires ou rétrocommissions : ce qu’il faut vérifier avant de confier votre patrimoine.

Échanger avec un conseiller
Rédigé par la rédaction de gestionnairedefortune.com Mis à jour le 6 juillet 2026 Sources officielles : impots.gouv.fr, service-public.fr, AMF, ORIAS.

CGP indépendant : de quelle indépendance parle-t-on ?

CGP indépendant, CGPI, « conseiller indépendant »… Le mot revient partout, mais il ne recouvre pas la même chose d’un cabinet à l’autre. Derrière l’étiquette se cachent en réalité deux notions distinctes — et les confondre peut vous coûter cher, au sens propre.

Un conseiller en gestion de patrimoine accompagne l’organisation, le développement et la transmission de votre patrimoine. Le « I » de CGPI ajoute une promesse : ne pas être le VRP d’une seule maison. Reste à savoir de quelle indépendance il s’agit. Il en existe deux, et un cabinet peut détenir la première sans jamais avoir la seconde.

Cette page ne refait pas le tour du métier de conseiller ni de la démarche patrimoniale : ils sont traités ailleurs, en détail. Ici, on creuse ce que les plaquettes survolent — l’indépendance réelle et la rémunération.

Deux indépendances à ne pas confondre

La première est capitalistique. Le cabinet n’appartient ni à une banque, ni à un assureur, ni à un réseau de distribution ; il référence librement ses fournisseurs et n’a pas de quota de produits « maison » à écouler. C’est le sens historique du « I » de CGPI, et c’est déjà une vraie différence avec le conseiller salarié d’un guichet bancaire.

La seconde est l’indépendance au sens de MIF 2, la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers, transposée en droit français et supervisée par l’AMF. Elle ne parle pas d’actionnariat, mais de rémunération. Un conseiller qui déclare fournir un « conseil indépendant » au sens de MIF 2 prend deux engagements : analyser un éventail suffisamment large de produits de plusieurs producteurs, et — surtout — ne conserver aucune rétrocommission versée par ces producteurs. S’il en perçoit, il doit vous les restituer et se rémunérer par des honoraires.

Voici où le malentendu s’installe. Un cabinet peut être parfaitement indépendant sur le plan capitalistique — libre de tout réseau — tout en étant « non indépendant » au sens de MIF 2, parce que son modèle économique repose sur les rétrocommissions. C’est même le cas le plus fréquent en France. Ni illégal, ni malhonnête. Mais pas ce que beaucoup de clients imaginent en lisant le mot « indépendant ».

Le raccourci qui trompe « Indépendant » ne signifie pas « rémunéré par vos seuls honoraires ». La plupart des CGP dits indépendants le sont capitalistiquement, pas au sens de MIF 2 : ils perçoivent — légalement, et en toute transparence quand ils jouent le jeu — des rétrocommissions. Seul un conseiller déclaré « indépendant » au sens de MIF 2 y renonce et vit de ses honoraires.
Les deux régimes de rémunération au sens de MIF 2 (repères indicatifs, susceptibles d’évolution).
Critère Conseil « indépendant » (MIF 2) Conseil « non indépendant » (MIF 2)
Rémunération Honoraires facturés au client Rétrocommissions des producteurs (+ honoraires éventuels)
Rétrocommissions Non conservées : restituées au client Conservées, sous obligation de transparence
Éventail de produits Large, plusieurs producteurs analysés Variable selon le cabinet
Ce que vous payez Une facture d’honoraires explicite Des frais intégrés aux produits, moins visibles
Fréquence en France Minoritaire Modèle le plus répandu
Garantie de qualité Aucune : le régime ne présage pas de la compétence Aucune : idem

Honoraires, commissions, rétrocommissions : qui paie quoi

Trois façons de rémunérer un conseiller coexistent, souvent mélangées. Les distinguer est le meilleur moyen de comprendre ce qui, dans une recommandation, relève du conseil et ce qui relève de la vente.

Les honoraires de conseil

Facturés directement, au forfait ou au temps passé, ils rémunèrent l’avis — pas le produit souscrit. Le conseiller n’a alors aucune raison financière de vous orienter vers telle solution plutôt qu’une autre. C’est le modèle le plus aligné avec votre intérêt, et le seul compatible avec l’indépendance au sens de MIF 2.

Les commissions et frais d’entrée

Le conseiller peut être rétribué au moment de la souscription, via des frais d’entrée par exemple. Rien d’illégitime, mais une incitation existe : la question utile est simple — « touchez-vous une commission sur ce que vous me recommandez, et combien ? ».

Les rétrocommissions

Ce sont les parts de frais de gestion annuels qu’un producteur — assureur, société de gestion — reverse au cabinet tant que vous détenez le produit. Chaque année, une fraction de ce que vous payez remonte ainsi vers le conseiller. Modèle courant et légal. La règle souvent ignorée tient en une phrase : un conseiller « indépendant » au sens de MIF 2 n’a pas le droit de les garder — il doit vous les restituer et facturer ses honoraires à la place. Un conseiller « non indépendant » peut, lui, les conserver, à condition de vous en communiquer la nature et le montant. La transparence n’est donc pas une politesse : c’est une obligation.

Avantages
  • + Choix des fournisseurs, sans quota de produits « maison »
  • + Modèle par honoraires possible, aligné sur votre intérêt (MIF 2)
  • + Coûts explicites quand la rémunération est jouée cartes sur table
  • + Accessible sans seuil de patrimoine élevé
Limites
  • – Indépendant capitalistique ≠ indépendant au sens de MIF 2
  • – Rétrocommissions fréquentes, pas toujours mises en avant
  • – Qualité et éventail de fournisseurs très variables
  • – Financement immobilier via partenaires, pas intégré

Vérifier l’indépendance réelle, au-delà de l’étiquette

Le mot « indépendant » sur une carte de visite ne prouve rien. Ce qui compte, ce sont les faits : le statut déclaré au sens de MIF 2, la structure de rémunération, l’éventail réel de producteurs et l’immatriculation. Quatre réflexes suffisent à faire le tri.

Un cabinet réellement aligné avec votre intérêt répond à ces questions sans détour, par écrit. Une gêne, un « on verra ça plus tard », un discours qui glisse vers le produit avant le diagnostic : autant de signaux qui en disent long. Pour le cadre réglementaire complet (ORIAS, CIF, IAS, IOBSP) et le déroulé d’un accompagnement, voir la page conseiller en gestion de patrimoine.

Quatre réflexes pour trancher
1
Le statut MIF 2

Demandez noir sur blanc : votre conseil est-il « indépendant » ou « non indépendant » au sens de MIF 2 ? La réponse doit être écrite, pas esquivée.

2
La rémunération, poste par poste

Faites détailler la part des honoraires, des commissions et des rétrocommissions. Un cabinet aligné le fait sans se faire prier.

3
L’éventail réel

Combien de producteurs référencés, et selon quels critères ? Un ou deux partenaires, c’est une indépendance de façade.

4
L’immatriculation ORIAS

Vérifiez le cabinet sur orias.fr et que les statuts déclarés couvrent bien les prestations proposées.

Repères indicatifs ; à adapter à votre situation et susceptibles d’évolution réglementaire.

Trois signes d’une indépendance de façade
01
Deux fournisseurs, pas plus

Un éventail réduit à un ou deux partenaires vide le mot « indépendant » de son sens.

02
Une rémunération floue

Impossible d’obtenir la part exacte des rétrocommissions ? Le silence est déjà une réponse.

03
Le produit avant le diagnostic

Une solution proposée avant tout bilan trahit une logique de distribution, pas de conseil.

Honoraires ou rétrocommissions : lequel pour vous ?

Aucun modèle n’est supérieur dans l’absolu ; tout dépend de ce que vous achetez. Pour un bilan ponctuel ou un conseil stratégique sans souscription, les honoraires sont souvent plus sains : vous payez un avis, pas une vente. Pour le suivi au long cours d’un contrat, un modèle à rétrocommissions transparent peut revenir moins cher qu’une facture d’honoraires récurrente — à condition que ces rétrocommissions soient connues et raisonnables.

Le calcul honnête consiste à comparer, sur la durée, le coût total dans chaque cas : honoraires versés d’un côté, rétrocommissions incluses dans les frais de l’autre. La bonne question n’est donc pas seulement « êtes-vous indépendant ? », mais « combien votre conseil me coûte-t-il, tout compris, chaque année ? ». Un professionnel sérieux acceptera de poser ce calcul avec vous.

Trois idées reçues sur le « CGP indépendant »

« Indépendant, donc gratuit. » Non. L’indépendance porte sur l’absence de lien avec un producteur, jamais sur l’absence de rémunération. Un conseiller indépendant au sens de MIF 2 est même souvent celui que vous payez le plus visiblement — par honoraires — puisqu’il a renoncé aux rétrocommissions.

« Indépendant, donc neutre. » Pas mécaniquement. Un cabinet indépendant capitalistiquement mais rémunéré aux rétrocommissions conserve une incitation à privilégier les produits qui le rétribuent le mieux. La neutralité se juge à la structure de rémunération, pas à l’étiquette.

« Il faut un gros patrimoine. » Faux. La pertinence tient à la complexité de votre situation, pas au montant. Le bon repère, ce sont vos questions restées sans réponse — pas le solde de vos comptes.

Et le reste : missions, allocation, fiscalité

Le travail concret d’un conseiller — bilan, allocation, fiscalité, retraite, transmission — est traité en profondeur ailleurs, pour ne pas le survoler ici. Pour la démarche patrimoniale d’ensemble et les grands piliers d’une stratégie, commencez par là. Pour savoir quand et comment choisir un conseiller, son cadre réglementaire et le déroulé d’un accompagnement, la page dédiée entre dans le détail. Et si l’arbitrage se joue face à un établissement, le comparatif CGP indépendant / banque privée pose les deux logiques côte à côte.

Ce contenu est informatif Les informations présentées ont une vocation pédagogique et ne constituent pas un conseil personnalisé. Toute recommandation doit être établie par un professionnel habilité (statuts CIF, IAS, IOBSP, immatriculation ORIAS selon les cas), après étude complète de votre situation.
Glossaire

Les termes clés de l’indépendance

CGP

Conseiller en gestion de patrimoine : professionnel qui construit et suit une stratégie patrimoniale globale.

CGPI

CGP indépendant, au sens capitalistique : non rattaché à une banque, un assureur ou un réseau de distribution.

MIF 2

Directive européenne sur les marchés d’instruments financiers, supervisée par l’AMF ; elle encadre notamment le « conseil indépendant » et la rémunération.

Conseil indépendant (MIF 2)

Statut déclaratif : le conseiller analyse un large éventail de produits et ne conserve aucune rétrocommission, se rémunérant par honoraires.

Rétrocommission

Part des frais de gestion qu’un producteur reverse au conseiller tant que le contrat est détenu. Interdite de conservation en conseil indépendant (MIF 2).

Honoraires de conseil

Rémunération facturée directement au client pour l’avis, indépendamment des produits souscrits.

ORIAS

Registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance ; immatriculation vérifiable sur orias.fr.

CIF

Conseiller en investissements financiers : statut, supervisé par l’AMF, encadrant le conseil en placements financiers.

IAS / IOBSP

Intermédiaire en assurance (IAS) et en opérations de banque et services de paiement (IOBSP) : statuts couvrant l’assurance et le crédit.

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FAQ

Questions fréquentes

Quelle différence entre indépendance capitalistique et indépendance au sens de MIF 2 ?
La première signifie que le cabinet n’est lié à aucun producteur (banque, assureur, réseau). La seconde porte sur la rémunération : un conseiller « indépendant » au sens de MIF 2 ne conserve aucune rétrocommission et se paie par honoraires. Un cabinet peut avoir la première sans la seconde — c’est fréquent.
Un CGP indépendant peut-il toucher des rétrocommissions ?
Oui s’il est « non indépendant » au sens de MIF 2 : il peut les conserver, à condition de vous en communiquer la nature et le montant. Non s’il se déclare « indépendant » au sens de MIF 2 : il doit alors les restituer et se rémunérer par honoraires.
« Indépendant » veut-il dire « gratuit » ?
Non. L’indépendance ne dit rien du prix. La mise en relation via cette plateforme est gratuite pour vous — WHEVO est rémunérée par les professionnels partenaires — mais l’accompagnement d’un conseiller a un coût : honoraires, ou frais intégrant des rétrocommissions.
Comment savoir si un cabinet est réellement indépendant ?
Demandez par écrit son statut au sens de MIF 2, faites détailler sa rémunération poste par poste, interrogez-le sur le nombre de producteurs référencés et vérifiez son immatriculation sur orias.fr. Un cabinet aligné répond sans détour.
Honoraires ou rétrocommissions : quel modèle est le moins cher ?
Cela dépend de votre besoin et de la durée. Pour un conseil ponctuel, les honoraires sont souvent plus clairs ; pour un suivi long, un modèle à rétrocommissions transparent peut revenir moins cher. Comparez le coût total annuel, tout compris.
Un modèle à honoraires garantit-il un meilleur conseil ?
Non. Il réduit un type de conflit d’intérêts, mais ne présage en rien de la compétence. La qualité d’un conseil se juge au-delà de son mode de rémunération : sérieux du diagnostic, éventail réel de solutions, suivi dans la durée.
WHEVO est-elle un conseiller indépendant ?
Non. WHEVO met en relation ; elle n’est ni CIF, ni IAS, ni IOBSP et ne délivre aucun conseil. Les professionnels partenaires portent les statuts et restent seuls responsables de leurs recommandations.

Un doute sur l’indépendance d’un cabinet ?

Nous vous orientons vers un conseiller vérifié, dont les statuts et la rémunération sont clairs. La mise en relation est gratuite : WHEVO est rémunérée par les professionnels partenaires.

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